Belmondo quintet - 2009
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Lionel Belmondo Sax Tenor Stephane Belmondo Trompette Sylvain Romano Contrebasse Laurent Fickelson Piano Dré Pallemaerts Batterie |
Lionel Belmondo
On dit « les Belmondo » parce qu’ils sont indissociables. Chez eux, la musique est affaire de racines et de famille. Si leurs chemins s’écartent parfois, ils se retrouvent toujours. Enracinés, Lionel et Stéphane Belmondo le restent. Attachés à leur Var natal, à la lumière de la Méditerranée, aux plaisirs de la bouche et de la camaraderie, à tel point qu’après près de vingt ans de vie parisienne, ils conservent intact l’accent de leurs origines provençales, comme s’ils avaient continué d’habiter sous les cieux de leur enfance. En famille : c’est ainsi qu’ils ont découvert et appris à jouer ; c’est ainsi qu’ils vivent la musique, fidèles dans les compagnonnages, animés par l’envie de partager cet art qu’ils portent continuellement en eux comme une force motrice. Enracinés, ils le sont aussi par le rapport qu’ils entretiennent à la tradition du jazz, adoptée avec un talent et une conviction que n’ont pas toujours leurs confrères américains. Parce que la mémoire est une science, la discipline une voie vers la liberté, et la culture une école d’émancipation, ils savent ce qu’ils doivent à leurs prédécesseurs. Ils ne sont pas du genre à avoir honte de leur généalogie et à cacher leurs influences. John Coltrane, Yusef Lateef, Dexter Gordon pour l’un ; Freddie Hubbard, Woody Shaw, Miles Davis, Tom Harrell pour l’autre, elles ne les empêchent pas d’être eux-mêmes. Elles alimentent cette flamme du jazz qui brûle en eux.
La musique a toujours été présente chez les Belmondo. Dans le petit village de Souliès-Toucas, au pied des coteaux varois, le père de ces parrains du jazz français, Yvan, ancien saxophoniste de métier et directeur de l’école de musique locale, a inculqué à ses deux garçons terribles le sens de l’exigence et le goût pour toutes les formes de musique. A l’âge où certains se traînent, les frères sont soumis à une éducation qui ne leur laisse que peu le loisir de s’ennuyer. Saxophone le matin, harmonie le soir, écoute tard la nuit, la musique s’apprend à longueur de journée, par les mots et par le geste. Dans les environs, ils font la connaissance de Michel Petrucciani avec lequel ils découvrent les géants du jazz moderne ; en témoignage d’amitié, le pianiste leur offrira toute sa collection de disques lorsqu’il partira rejoindre Charles Lloyd en Californie. Vocation oblige, et déjà un tempérament qui ne supporte par l’inactivité, Lionel Belmondo a le sens opiniâtre de l’initiative dans une région où le jazz n’est pas très représenté : en 1979, il crée le big band de l’armée de l’air pendant son service militaire ; en 1982, il accède à 19 ans à la direction de l’école de Musique du Centre Var ; en 1985, il monte le big band départemental du Var avec l’appui de son père ; en 1986, il crée le premier festival de jazz d’Hyères, sur la Côte d’Azur, dont la programmation fait cohabiter, à mesure que l’événement grandit, les talents régionaux et les stars du jazz telles que Toots Thielemans et Horace Silver, deux musiciens dont il recroisera plus tard le chemin.
Après l’installation de Stéphane à Paris, les voyages vers la capitale se font avec le temps plus rapprochés. Lionel se produit régulièrement dans les clubs, notamment au Bilboquet, avec son frère qu’il retrouve dans le quintet de Pierre Boussaguet auquel participe aussi le jeune Jacky Terrasson. En 1990, Lionel marche dans les pas de son cadet et décide de se fixer lui aussi à Paris où il rejoint à son tour les rangs du big band du compositeur Michel Legrand qui le fait participer à de plusieurs séances d’enregistrement de bandes-son. L’année suivante, le saxophoniste est engagé par Eric Le Lann dans un quintette qui comprend aussi Jean-Michel Pilc et Richard Bona, à l’orée de leur carrière. Ils effectueront de mémorables tournées à l’étranger, notamment sur le continent africain, avec le trompettiste breton. Sur un coup de tête Lionel crée en 1992 avec le saxophoniste François Théberge le Big Band Belmondo qui fait les beaux lundis soirs du Duc des Lombards. Il prend aussi part au « Big One » de Jean-Michel Pilc et au quintet du batteur Simon Goubert dans lequel joue aussi Stéphane.
En 1993, les frères décident de se retrouver pour former un quintet sous leur nom auquel Lionel décide de se consacrer exclusivement. Le groupe enregistre cette année-là son premier album ; Lionel s’y fait entendre au soprano, un saxophone qu’il vient d’adopter. Durant l’été, au festival de Ramatuelle, Lionel, l’enfant du pays, partage la même scène que trois maîtres du saxophone ténor Johnny Griffin, Guy Laffite et Lew Tabackin.
L’année suivante, Lionel et Stéphane rejoignent tous deux le groupe de la chanteuse Dee Dee Bridgewater qui a entrepris de rendre hommage à l’un des Pères du hard bop, le légendaire pianiste Horace Silver. Les frères ont ainsi la chance de côtoyer en studio l’une de leurs idoles. Le pianiste, agréablement surpris par la rencontre, ne manquera pas de les complimenter. Le succès de l’album « Love and peace » (Verve) auquel participe aussi l’organiste Jimmy Smith, tient pour bonne partie à la contribution des frères Belmondo qui connaissent leurs classiques sur le bout des doigts. Dans le même temps, leur quintet réalise son second album, « For All Friends », paru sur le label hollandais Challenge. A la fin de l’année 1994, l’Académie du jazz leur décerne le prix Django Reinhardt qui récompense le musicien français de l’année. Des lauriers amplement mérités.
Après une année de tournée internationale aux côtés de Dee Dee Bridgewater qui le mène jusqu’aux scènes illustres du festival de Newport et du Carnegie Hall de New York, Lionel Belmondo renoue avec l’enseignement en devenant professeur au Conservatoire Nadia et Lili Boulanger à Paris. En 1996, en collaboration avec son ami François Théberge, sur une commande du festival de Ramatuelle, il écrit les arrangements pour cuivres et cordes d’un hommage à la musique de Bill Evans dans lequel l’harmonica de Toots Thielemans tient le premier rôle, lui qui avait enregistré, près de vingt ans plus tôt, avec le pianiste américain.
A partir de 1997, Lionel assume ensuite la direction pédagogique de l’IACP, une école de musique à destination de futurs musiciens professionnels qui ont choisi le jazz. Il en remodèle les pratiques et l’équipe de professeurs, attaché à la transmission orale du jazz et à sa pratique au contact de ceux qui font vivre cette musique. Son expérience, sa connaissance rigoureuse, sa volonté sans faille, son sens de la transmission, son investissement sans borne, font merveille dans l’enceinte de cette école qui en quelques années aura contribué à donner à une génération d’apprentis jazzmen des bases inébranlables pour se lancer dans une carrière de musicien professionnel. Nombreux sont ceux qui témoignent aujourd’hui à son égard de leur reconnaissance, en premier lieu les membres du Vintage Orchestra, une grande formation majoritairement constituée d’anciens élèves de l’IACP née sous les bons auspices des frères Belmondo, qui vient de réaliser un premier album remarqué.
Parallèlement à ses activités pédagogiques, Lionel Belmondo a formé le groupe Sax Generations, un ensemble comprenant douze saxophones sans grand équivalent dans l’histoire du jazz, participé au septet du trompettiste Jean-Loup Longnon, et contribué à animer le big band de l’arrangeur Christophe Dal Sasso avec lequel il s’est produit au Festival de Marciac, interprétant notamment une orchestration monumentale de « A Love Supreme », le chef d’œuvre de John Coltrane. Le quintet des Belmondo n’est pas en reste puisqu’un quatrième album magistral, enregistré en concert à Bordeaux, paraît en 2001. Plus inattendu, on retrouve aussi les frangins aux côtés du DJ Frédéric Galliano, pionniers français des musiques électroniques, dans des tentatives expérimentales de rencontres du jazz avec les sonorités et les rythmes issus des nouvelles musiques underground. Deux disques parus sur le label F-Com gardent la trace de cette rencontre. Enfin, devenu une figure respectée de la communauté des musiciens, Lionel Belmondo est sollicité par le luthier Henri Selmer pour contribuer à la mise au point d’une nouvelle gamme de saxophones (lancée en mars 2000), qui, sous le nom « Référence », est destinée à rivaliser avec les instruments de haute facture d’autrefois comme les recherchés Balanced Action et Mark VI. – Les connaisseurs apprécieront.
A l’issue de la saison 2003, Lionel Belmondo décide d’abandonner l’enseignement pour se consacrer à de nouvelles aventures. Si le quintet continue d’occuper une place importante dans sa carrière comme en témoigne une tournée qui l’a conduit sur les scènes prestigieuses du JVC Jazz Festival à New York et du Festival International de Montréal, c’est du côté de l’écriture et de l’arrangement que son intérêt se porte principalement. Maître d’œuvre de l’« Hymne au Soleil », un programme autour d’œuvres de compositeurs tels que Lili Boulanger et Maurice Duruflé, arrangées pour un ensemble de onze musiciens où se côtoient jazzmen et instrumentistes venus des grands formations classiques, Lionel Belmondo poursuit avec passion son exploration du répertoire français à la charnière du XIXème et du XXème siècle. Son intérêt pour l’arrangement va grandissant, comme en témoigne l’écrin musical qu’il a orchestré sur les compositions de Stevie Wonder choisies par son frère pour son nouvel album.
Inlassable activiste d’un jazz enfin mature, désormais engagé dans le développement de B-Flat Recordings qu’il a créé avec son frère, Lionel Belmondo déborde d’un appétit musical qui le voit s’investir avec enthousiasme et détermination dans d’ambitieux projets. Qu’il soit le nez dans les partitions un crayon à la main, sur le devant de la scène à diriger l’orchestre de l’« Hymne au Soleil », dans un total abandon au ténor avec le Belmondo Quintet, en train d’encourager d’anciens élèves ou d’échafauder le prochain album luxueux de son label, il donne l’image d’un homme heureux tout entier au servie de sa muse : la Musique.
Discographie
En leader
o Belmondo, « Hymne au Soleil », 2003, B-Flat
o Belmondo Quintet, « Live au Plana », 2001, Plana Prod.
o Belmondo Quintet, « Infinity », 1999, Shaï.
o Belmondo Quintet, « For All Friends », 1994, Challenge.
o Lionel et Stéphane Belmondo Quintet, 1993, Jazz à Reims.
En sideman
o Stéphane Belmondo, « Wonderland », 2004, B-Flat
o Jean-Marc Jafet, « Douceur Lunaire », 2000, RDC Records.
o Frédéric Galliano Electronic Sextet, « Live Infinis », 1998, F-Com.
o Laurent Fickelson, « Under The Sixth », 1998, Seventh.
o Jean-Loup Longnon Septet, « Bop Dreamer », 1998, Pygmalion.
o Frédéric Galliano, « Espaces Baroques », 1997, F-Com.
o François Théberge, « Asteur », 1997, Lazer Prod.
o Gilles Naturel, « Naturel », 1995, JMS.
o Michel Legrand, « Big Band », 1995, Verve.
o Dee Dee Bridgewater, « Love and Peace, A Tribute to Horace Silver », 1994, Verve.
o Jean-Loup Longnon, « Cyclades », 1994, JMS.
o Simon Goubert, « Couleurs de peaux », 1993, Seventh.
o Jean-Michel Pilc, « Big One », 1993, EMP.
o Eric Le Lann, « Cap Fréhel », 1993, Musidisc.
o Michel Legrand featuring Helen Merrill & Stéphane Grappelli, 1992, France Télécom (hors commerce).
o Les Petits Loups du Jazz, 1990, Enfance et Musique.
Stéphane Belmondo
On a longtemps voulu voir en eux seulement des durs à cuire du hard bop. Fortes têtes d’un jazz qui n’a peur de rien, parrains d’une famille habituée des clubs de jazz et des jam sessions de haute volée, ils ont incarné pendant une décennie l’image d’une musique jouée jusqu’à l’épuisement avec une fougue avec laquelle il est difficile de rivaliser. Avec le temps, le cliché s’est estompé et les frères Belmondo ont révélé deux tempéraments généreux et surprenants, d’une sensibilité incomparable, totalement dévoués à leur art investi jusqu’à la perfection. Au bugle ou à la trompette, Stéphane Belmondo a notamment révélé une personnalité musicale sans grand équivalent qui en fait l’un des instrumentistes les plus recherchés parmi ses pairs. Qu’il se montre poète de la ligne brisée ou colosse du phrasé, virtuose explosif ou elliptique avec une science rare du silence, il compte incontestablement parmi les talents exceptionnels que le jazz compte en France à l’heure actuelle.
Dans la famille Belmondo, on dit au sujet de Stéphane que la musique est venue chez lui avant les mots. Son père Yvan est généreux, fier de ses garçons mais inflexible en ce qui concerne leur apprentissage. Ancien saxophoniste de métier, il connaît le prix de la musique, la rigueur instrumentale, l’honnêteté musicale, le goût du travail bien fait. Il a su inculquer très tôt ces valeurs dans l’esprit des deux frères, qui en ont fait des principes de vie : l’originalité est au prix de l’effort, la liberté n’est pas un dû mais l’exigence un devoir. Après avoir commencé à l’accordéon, Stéphane adopte la trompette qu’il débute avant l’âge de dix ans. Il étudie le cornet à pistons au conservatoire d’Aix-en-Provence, puis intègre la classe de trompette dans celui de Marseille. Le jazz vient de loin, grâce à la magie des ondes longues de la radio publique, qui leur permet de capter avec avidité, à l’autre bout de la France, l’atmosphère des clubs parisiens desquels ils seront bientôt des figures familières.
En 1986, son premier prix de trompette décroché à Marseille, il est temps pour Stéphane Belmondo d’aller au contact du jazz vif et de connaître cette période initiatique par laquelle passent tous les prétendants au rang de jazzman. Il lui faut « monter » à Paris. C’est une période continue d’innombrables rencontres, de groupes d’un soir, de bœufs mémorables et d’amitié mêlée d’émulation. Le chemin de Stéphane croise notamment celui du pianiste René Urtreger, entre autres irréductibles boppers, et des regrettés Alby Cullaz et Michel Graillier, deux de ces musiciens de l’ombre porteurs d’un savoir musical immense. Peu après son arrivée dans la capitale, il rejoint le big band Lumière de Laurent Cugny, qui a convaincu l’arrangeur Gil Evans, sa principale source d’inspiration, de venir en France contribuer au répertoire de son orchestre. Il en résultera deux disques, une tournée européenne forte en émotions, et de nombreux souvenirs attachés à la silhouette frêle de cet exceptionnel orchestrateur admiré par Miles Davis.
Un soir de 1987, alors qu’il joue au Palace, un club aujourd’hui disparu, Stéphane est entendu par Chet Baker qui l’invite à se joindre à lui pour le concert qu’il doit donner le lendemain au New Morning. Sur scène, Chet présente Stéphane à son public comme le trompettiste le plus prometteur de sa génération en Europe. Il s’en suivra de longues conversations entre eux et des bœufs nocturnes en tête-à-tête qui achèvent de convaincre le jeune homme de suivre la voie du jazz. En 2002, pour célébrer le quinzième anniversaire de sa disparition, Stéphane a rejoué quelques thèmes associés à la mémoire du trompettiste en compagnie de Jean-Louis Rassinfosse et de Philippe Catherine, deux anciens partenaires de Chet Baker.
Pendant trois ans, de 1987 à 1990, Stéphane va faire partie de groupes qui font battre le cœur des clubs de jazz comme le quartet du pianiste Kirk Lightsey ou le quintet du contrebassiste Pierre Boussaguet, dans lequel jouent son frère et Jacky Terrasson, alors à ses débuts. La collaboration avec Boussaguet débouchera sur un disque qui permet à Stéphane d’enregistrer en compagnie de l’une de ses idoles : le trompettiste américain Tom Harrell.
Après une parenthèse jazz fusion dans le groupe Abus, emmené par Pierrejean Gaucher jusqu’au Chili en 1990, Stéphane devient l’un des solistes préférés de Michel Legrand, qui l’engage dans son big band et le fait participer régulièrement à des nombreuses séances de studios. C’est ainsi qu’il participe à la rencontre du compositeur avec Stéphane Grappelli sur la scène de l’Olympia en 1992 et voyage en tournée de par le monde jusqu’au Japon. En parallèle, Stéphane devient l’un des piliers du big band créé par son frère avec le saxophoniste François Théberge et il joue également avec le « Big One » de Jean-Michel Pilc, formation de treize musiciens qui marqua les esprits malgré une existence éphémère.
En 1993, les Belmondo se retrouvent pour former un quintet auquel Stéphane consacre une bonne partie de son énergie. Un premier disque est gravé cette année-là, avant que les deux frères ne rejoignent le trio de Dee Dee Bridgewater qui a le projet de chanter les compositions d’un Père du hard bop, le pianiste Horace Silver. Par leur connaissance intime du genre et leur connivence de soufflants, ils sont une pièce maîtresse de la réussite de l’album réalisée par la chanteuse, « Love and Peace » (Verve). Impressionné par leur contribution, Horace Silver leur décernera à tous deux à l’issue des séances d’enregistrement des éloges qui valent tous les diplômes. Le second album qu’ils réalisent avec leur quintet, « For All Friends », sur le label hollandais Challenge, est à la hauteur de leur réputation grandissante. A la fin de l’année 1994, les frangins reçoivent en toute logique le Prix Django Reinhardt de l’Académie du jazz, qui récompense le musicien français de l’année. – Signe que l’aura de son talent excède désormais la seule sphère du jazz, Stéphane est sollicité par Alain Bashung pour participer au disque « Chatterton » que signe alors le chanteur.
Curieux de se frotter à la scène américaine et avide de nouvelles rencontres, Stéphane décide en 1995 d’aller vivre dans La Mecque du jazz, New York. De Toshiko Akiyoshi à Al Foster en passant par Mark Turner et David Kikoski, il jouera avec un nombre considérable de musiciens établis ou en pleine ascension. Son quartet, qui est engagé au fameux Blue Note, comprend James Hurt au piano, Ugonna Okegwo à la contrebasse et Nasheet Waits à la batterie. En parallèle, il retrouve Dee Dee Bridgewater pour une tournée américaine qui les mène au festival de Newport et sur la scène illustre du Carnegie Hall.
Entre 1997 et 1999, la carrière de Stéphane se partage entre les Etats-Unis et l’Europe. Il enregistre à New York avec le pianiste Donald Brown, ancien directeur musical d’Art Blakey, tandis qu’à Paris, il participe avec son frère aux expérimentations du DJ Frédéric Galliano, tête chercheuse du monde des musiques électroniques. Leur quintet n’est pas pour autant en sommeil puisque paraît, en 1999, un troisième album, « Infinity » (Shaï), qui laisse plus d’un auditeur sous le choc d’une musique ardente jouée avec emportement.
Avec son retour définitif à Paris, Stéphane devient un musicien extrêmement sollicité, sans grand rival pour l’éclipser. On l’entend dans les groupes du batteur André Ceccarelli, du bassiste Jean-Marc Jafet, ou du pianiste Andy Emler dans un quintet auquel participe Dave Liebman. Il est encore aux côtés des pianistes Franck Amsallem et Antonio Farao quand il ne joue pas en tête à tête avec le guitariste Sylvain Luc dans un duo lumineux qui a captivé tous ceux qui l’ont entendu. Leur disque « Ameskeri » remporte tous les suffrages. Son expérience lui vaut de contribuer au développement de modèles de bugle et de trompette du prestigieux facteur d’instruments Henri Selmer, commercialisés en 2001 sous la référence « Concept ». Il fait également partie de l’équipe des professeurs de l’IACP, une école de musique professionnelle dont son frère assure la direction pédagogique.
Après avoir été l’un des principaux solistes du groupe réuni par François Théberge autour de Lee Konitz pour en célébrer la musique, Stéphane fait partie du nouvel ensemble du saxophoniste canadien qui joue le répertoire présenté sur l’album « Elénar » (Effendi). Il est surtout, depuis le printemps 2003, le magnifique interprète de l’« Hymne au Soleil », un programme d’œuvres de compositeurs français du XXème siècle tels que Lili Boulanger et Maurice Duruflé, arrangées par Lionel Belmondo pour un ensemble de onze musiciens où se côtoient jazzmen et instrumentistes venus des grands ensembles classiques.
Le voici désormais à la tête d’un projet mûri sans précipitation autour de chansons de Stevie Wonder. Pas les grands tubes, mais des compositions qui font le pont entre l’univers du « Little Genius » devenu un géant de la chanson américaine et le monde du jazz qui lui va comme un gant – « The Jazz Soul of Little Stevie » : c’était le titre du second album de Wonder pour Motown ; c’est un peu la philosophie de cette aventure. Si Lionel est venu naturellement l’épauler dans la préparation de l’album, c’est le contexte du quartet que Stéphane Belmondo a choisi pour faire entendre l’étendue de son talent, sa sensibilité bouleversante et son lyrisme à fleur de cuivre qui en font l’un des musiciens les plus attachants de la scène française.
Discographie
En leader (ou co-leader)
o Stéphane Belmondo Quartet, « Wonderland », 2004, B-Flat.
o Belmondo, « Hymne au Soleil », 2003, B-Flat.
o Belmondo Quintet, « Live au Plana », 2001, Plana Prod.
o Stéphane Belmondo & Sylvain Luc, « Ameskeri », 1999, Shaï.
o Belmondo Quintet, « Infinity », 1999, Shaï.
o Belmondo Quintet, « For All Friends », 1994, Challenge.
o Lionel et Stéphane Belmondo Quintet, 1993, Jazz à Reims.
En sideman
o François Théberge, « Elénar », 2003, Effendi.
o Jean-Louis Murat, « Lilith », 2003, Labels.
o Olivier Témime, « Saï Saï Saï », 2002, Elabeth.
o François Théberge featuring Lee Konitz, « Music of Konitz », 2002, Effendi.
o Jean-Marc Jafet, « Douceur Lunaire », 2000, RDC Records.
o André Ceccarelli 4tet+, « 61:32 », 1999, RCA Victor.
o Chic Hot, « Satyagraha », 1999, Lusafrica.
o Donald Brown, « Enchanté », 1999, Space Time Records.
o Andy Emler, « Sombritude », 1999, Casa Studio.
o François Théberge and The Medium Band, 1999, Round Records.
o Frédéric Galliano Electronic Sextet, « Live Infinis », 1998, F-Com.
o Frédéric Galliano, « Espaces Baroques », 1997, F-Com.
o François Théberge, « Asteur », 1997, Lazer Prod.
o Alain Bashung, « Confessions publiques », 1996, Polydor.
o Gilles Naturel, « Naturel », 1995, JMS.
o Michel Legrand, « Big Band », 1995, Verve.
o Jean-Marc Jafet, « Agora », 1994, JMS.
o Jean-Loup Longnon, « Cyclades », 1994, JMS.
o Orchestre National de Jazz Laurent Cugny, « Yesternow », 1994, Verve.
o Alain Bashung, « Chatterton », 1994, Barclay.
o Dee Dee Bridgewater, « Love and Peace, A Tribute to Horace Silver », 1994, Verve.
o Elisabeth Kontomanou, « Golden Key », 1993, EMP.
o Jean-Michel Pilc, « Big One », 1993, EMP.
o Simon Goubert, « Couleurs de peaux », 1993, Seventh.
o Marcel Azzola, « L’accordéoniste, hommage à Edith Piaf », 1993, Verve.
o Laurent Cugny Big Band Lumière « Dromesko », 1993, EmArcy.
o Manu Pekar & Passages featuring Dave Liebman, « New Songs », 1992, Gorgone.
o Michel Legrand & Stéphane Grappelli, « Legrand/Grappelli », 1992, Verve
o Pierre Boussaguet Quintet Special Guest Tom Harrell, 1991, Jazz aux Remparts.
o ABUS, « Manèges », 1991, Musiclip.
o Laurent Cugny Big Band Lumière, « Santander », 1990, EmArcy.
o « Johnnie & Jazz - Live in Paris », 1989, compilation produite par les Whisky Johnnie Walker.
o Marcel Zanini featuring Sam Woodyard, « Patchwork ! », 1988, That’s Jazz.
o Gil Evans & Laurent Cugny Big Band Lumière, « Rhythm A Ning », 1987, EmArcy.
o Gil Evans & Laurent Cugny Big Band Lumière, « Golden Hair », 1987, EmArcy.
o « Johnnie & Jazz - Live in Paris », 1989, compilation produite par les Whisky Johnnie Walker.
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